Un Hommage à deux Religieuses Spéciales

 

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L’une des grâces que j’ai reçues en grandissant dans les années 1960 et 1970 a été d’être enseigné par des religieuses dans le système scolaire catholique lorsque les religieuses étaient enseignantes et directrices. Elles étaient des enseignantes aimables et attentionnées qui ont eu une influence positive sur des centaines de milliers d’élèves à travers le Canada. Malheureusement, ma génération est la dernière à vivre une telle expérience.

 

Je suis allé à la première école française à Hamilton, en Ontario, l’École Notre-Dame, de la maternelle en 1964 jusqu’à l’obtention de mon diplôme de huitième année en 1973. Au cours de ces années, j’ai eu l’honneur et le privilège d’avoir plusieurs religieuses comme enseignantes, dont deux comme directrices. Les Sœurs de la Charité d’Ottawa, également connues sous le nom de Sœurs Grises, ont commencé à enseigner à 38 élèves français à Hamilton en 1952 dans le cadre d’un programme de français dans une école anglophone. En 1963, l’École Notre-Dame a ouvert ses portes avec 360 élèves, et puis 425 élèves l’année suivante, mon année à la maternelle.

 

Je veux partager deux histoires spéciales de deux religieuses qui ont contribué à façonner ma vie. La première histoire est celle de Sœur Louise Laplante, mon enseignante de première année et enseignante pour notre Première Communion en deuxième, la seconde de Sœur Claude Gagon, la directrice durant mes dernière cinq années à Notre-Dame. Ces deux femmes ont eu un impact énorme sur ma vie.

 

Sœur Louise incarnait tout ce que l’on peut imaginer ou espérer chez une religieuse. Elle était une âme gentille et douce, dédiée à suivre Jésus et à enseigner à ses élèves les principes fondamentaux de l’école en tant qu’enseignante de première année, mais aussi, et probablement plus important pour elle, à enseigner ce que signifiait connaître et suivre Jésus.

 

J’ai fait ma première communion en deuxième année. Sœur Louise, mon enseignante de ma première année  nous a fait découvrir le catéchisme catholique typique en préparation de notre première communion. Je ne me souviens pas des détails du catéchisme, mais je me souviens avoir lutté avec l’idée de manger l’hostie, de corps de Jésus. Cela m’a fait peur. Je ne me souviens pas comment c’est arrivé, mais je me suis retrouvé en arrière de la classe avec elle pendant que les autres élèves écrivaient des lignes dans leurs manuels scolaires Hilroy. Elle m’a parlé doucement de ne pas avoir peur de la communion, que Jésus était mon ami, qu’il voulait être dans mon cœur; une façon pour lui d’y arriver était de manger l’hostie et de le laisser entrer. Elle m’a demandé si j’avais peur d’elle. Avec confiance, j’ai dit non. Elle a dit que j’avais encore moins à craindre de Jésus. Il y a très peu de choses dont je me souviens que mes professeurs m’ont dit pendant mes années d’école primaire, mais je me souviens très bien de cette conversation. Je me souviens de sa douceur et de l’assurance que Jésus était mon ami et qu’il serait toujours là pour moi, que je n’ai jamais besoin d’avoir peur.

 

Le dimanche de ma première communion, je suis entré dans l’église sans crainte. Je ressentais une paix. Je me souviens à quel point j’étais fier de pouvoir accepter Jésus dans mon cœur. Je n’ai plus jamais eu Soeur Louise comme enseignante après la première année et son enseignement pour la Première Communion on deuxième. De nombreux enseignants montaient et descendaient les rangs de classe, mais elle est restée en tant qu’enseignante de première année, et elle est devenue bibliothécaire quelques années plus tard.  Cependant, je me souviens d’avoir entretenu une relation spéciale avec elle, jusqu’à ma huitième année (OU jusqu’à ma graduation de la huitième année)  J’étais un garçon de quatorze ans, qui savait tout, mais rempli d’une énorme amour et respect pour Soeur Louise lorsque j’ai quitté cette partie de ma vie. Elle a instillé en moi une relation intime avec Jésus. Pour cela, je suis reconnaissant.(this is the right word) 

 

Maintenant avoir quitter Notre-Dame, je vous présente ma deuxième histoire. Sœur Claude Gagnon a été la directrice pendant la majeure partie de mon temps à Notre-Dame. Je n’ai pas eu beaucoup d’interactions personnelles avec elle au-delà de quelques visites disciplinaires à son bureau. Notre famille allait à l’église tous les dimanches où je la voyais avec les autres religieuses de notre paroisse. J’ai toujours aimé l’église. Peut-être qu’elle avait remarqué ça au fil des années. Cela m’a peut-être donné une place spéciale dans son cœur.

 

Mon histoire de Soeur Claude se déroule deux ans après la huitième année. La plupart de mes amis de huitième année ont choisi d’aller à l’école secondaire anglophone locale qui offrait un programme de français aux élèves francophones, et non le type de français débutant que les élèves anglophones suivaient. Ce n’est que quelques années plus tard que Hamilton obtiendra sa première école secondaire française.

 

Ma première année en neuvième a été un désastre. Les deux amis anglophones avec lesquels j’avais choisi d’aller au secondaire avec ont fini par déménager. Je suis resté dans une grande école sans amis. J’ai fini par être régulièrement harcelé par un élève défaillant musclé qui était jaloux de mon apparence de «joli garçon», ses propres mots, quand il me poussait dans les casiers ou essayait de me battre. À cause de ces brimades, j’ai fini par sécher mes cours régulièrement. J’ai découvert le système. Je me présentais pour ma première classe, ensuite je partais. J’avais besoin de m’éloigner du terrain d’école. Au moment où j’ai été découvert, j’avais manqué plus de 60% de mes cours et 80% de mes cours de chimie où mon intimidateur serait sûr de s’asseoir à côté de moi. Même si j’ai raté la plupart de mes cours, j’ai quand même fini par obtenir 75% pour ma note finale en chimie. Cependant, comme j’avais manqué la plupart de mes cours de chimie, le directeur a dit que je devais recevoir une échec. Comme moyen secondaire de me remettre sur la bonne voie, le directeur m’a suggéré de transférer à une autre école pour la dixième année. C’est ce que j’ai fait.

 

Je suis allé à ma nouvelle école anglophone. En raison de mes origines canadiennes-françaises, ils m’ont laissé suivre le cours de français dixième année même si je n’avais pas suivi le français de neuvième année. C’était un cours rudimentaire pour moi, j’ai réussi avec 98%.

Environ un mois après le début de mes vacances d’été, j’ai reçu un appel du directeur. Il m’a demandé de venir au bureau de l’école. Il m’a raconté que Soeur Claude avait intervenu pour qu’ils m’accordent un crédit pour le cours de français neuvième année que je n’ai jamais suivi, étant donné que j’ai si bien réussi le cours de dixième. Apparemment, les notes d’un élève sont renvoyées à son école nourricière. Sœur Claude a vu ce que j’ai accompli et a préconisé pour moi. Elle a pu présenter un cas solide parce que j’avais bien amélioré mon dossier scolaire. Je n’ai pas sauté une seule classe en dixième année et j’avais une moyenne de 85%. Elle voulait compenser le crédit perdu de mon cours de chimie neuvième année.

 

J’ai été profondément ému qu’elle ait pris cette initiative. À ce jour, je regrette de ne pas l’avoir appelée pour la remercier. Elle a quitté notre paroisse cet été-là. Je n’ai même plus pu la voir à l’église. Sa confiance en moi m’a encouragée tout au long de mon séjour au secondaire. Elle a cru en moi. Même à l’université, je pensais souvent à ce qu’elle avait fait pour moi. Je ne voulais pas la décevoir.

 

Sœur Louise et Sœur Claude ont eu un impact majeur sur ma vie, tant sur le plan spirituel que scolaire. Je n’oublierai jamais ce qu’elles ont fait pour moi. Je suis certain qu’il existe de nombreuses autres histoires de ce genre. Les religieuses qui nous ont servis comme enseignantes et directrices ont pris soin de nous de façon qui n’est souvent pas reconnue.

 

Je les remercies ainsi que toutes les autres religieuses qui servent si humblement et joyeusement.

 

Image ci-dessus: ma classe de première année, ma Première Communion, moi en 10ème année

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